Où sont donc les universités ?

Posted by 22 de décembre de 2015

Miramarges-700Article publié dans El Periódico de Catalunya (22-12-2015)

La League of European Research Universities (LERU) a récemment commandé une étude sur la contribution économique des 21 universités qui composent cette association européenne. Les chiffres sont éloquents : en 2014, les universités de la LERU ont généré en Europe une valeur ajoutée brute de 71 200 millions d’euros et 900 065 postes de travail. Pour chaque euro directement généré par les universités, la contribution à l’économie européenne est de 6 euros et chaque poste de travail directement créé dans les universités entraîne six créations de poste dans l’économie européenne.

Cette énorme richesse est produite de diverses manières : personnes directement employées par les universités, achats effectués auprès de multiples fournisseurs, investissement de capitaux, dépenses des employés et des étudiants dans les économies locales, travail effectué par les étudiants en dehors des universités, travail social et volontariat des étudiants, sans oublier le tourisme créé par les visites rendues aux élèves et les conférences scientifiques des universités.

Quant au transfert de connaissance, à l’activité des entreprises et à la recherche dérivés des universités de la LERU, ils recouvrent divers aspects : licences en technologie, consulting, recherche collaborative, spin-offs et start-ups, parcs scientifiques et centres de recherche et de formation continue. Pour toute l’Europe, tous réunis, la valeur ajoutée est de 21 900 millions d’euros et de 298 489 postes de travail. Moins quantifiable mais non moins importante pour cela est la contribution qu’apportent les universités à la création de connaissance et au développement scientifique.

L’étude citée ajoute un facteur différent de ceux qui viennent d’être cités et dont il faut tenir compte : l’amélioration des salaires estimée pour les diplômés qui sont sortis de ces universités en 2014. Cette contribution à la valeur ajoutée est évaluée à 15 400 millions d’euros.

Nous ne parlons que de 21 universités, mais l’étude s’achève sur une extrapolation qui porte sur l’évaluation de la création de valeur ajoutée en tenant compte de tout l’ensemble des universités européennes et la situe, pour l’Europe, autour des 300 000millions d’euros annuels et, pour ce qui est des postes de travail, de 3,8 millions . Ceci représente 2,2% de la valeur ajoutée brute de l’ensemble de l’économie européenne et 1,8% du total des postes de travail.

Si nous ne considérons que l’Espagne, et suivant une étude de l’Institut Valencià d’Investigacions Econòmiques (IVIE) l’activité économique générée par les universités espagnoles représente 2,3% du revenu et 2,9% du travail (chiffres de 2011). On pourrait ajouter que 23,3% de la croissance espagnole de ces deux dernières décades est directement ou indirectement redevable au système universitaire, ainsi que 28,1% de l’ensemble du capital technologique.

En Espagne, l’université génère les deux tiers de la recherche. Elle enseigne à un million et demi d’élèves et donne du travail à environ un demi-million d’employés. On calcule que de 15 à 20 millions de personnes disposent d’une éducation tertiaire. L’université a été et elle est le grand ascenseur social et aucune autre organisation n’a autant aidé au développement de notre société. Les principales missions des universités sont bien connues : la première est l’enseignement, la formation tout au long de la vie, une formation qui doit de plus en plus avoir une vision internationale et d’excellence ; la seconde est la recherche, qui devra être une recherche de frontière et aux accords globaux ; et une troisième mission est le transfert de connaissance, qui devra se faire à partir de la collaboration entre centres, institutions et entreprises. Il faut ajouter une quatrième mission à celles, plus classiques, de formation, de recherche et de transfert de connaissance, c’est le développement économique, culturel et social du territoire.

Cependant, malgré l’impact économique, culturel et social de l’université, un impact pleinement démontré et quantifié, elle ne fait pas partie des priorités du calendrier politique ni de celui des médias. Les recteurs qui, à Bologne, ont rédigé et signé la Charte des Universités ont insisté, dans leur préambule, avant les considérants et les principes fondamentaux, sur le fait que « devant la perspective d’une large collaboration entre tous les peuples européens, les états doivent être plus conscients que jamais du rôle que les universités sont appelées à jouer dans une société qui se transforme et s’internationalise ». Or, lors des dernières élections, l’université ne faisait toujours pas partie du calendrier politique et encore bien moins des débats entre les leaders amenés à diriger ce pays. L’une des industries les plus “propres”, disposant d’une grande projection et d’un grand avenir, compétitive dans l’environnement européen, n’existe pas.

Je crois qu’il reste encore bien du travail à faire. Une grande “catéchèse” comme le dirait un recteur qui a été ministre.

La signature de la Carta Magna des universités

Posted by 8 de octobre de 2015

Carta-magna2J’étais à Bologne les 17 et 18 septembre en compagnie du premier recteur de l’UVic-UCC, Ricard Torrents, du vice-recteur des relations internationales, Joan Masnou, et de l’étudiante de la faculté d’éducation, traduction et sciences humaines, Núria Garcia, pour signer la grande charte des universités. L’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne fait désormais partie des 800 universités du monde y adhérant et ce, 18 ans seulement après sa création. La cérémonie s’est déroulée à l’Université de Bologne dans le cadre de la conférence annuelle de l’Observatoire de la Carta Magna.

En signant cette charte, l’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne entre dans le groupe des universités d’Europe et du monde qui affirment leur engagement envers le développement culturel, scientifique et technologique, avec la diffusion de la connaissance aux nouvelles générations, la formation en continu pour l’avenir culturel et économique de la société, et envers le respect pour l’équilibre dans le milieu naturel et la vie.

La signature de la Magna Charta Universitatum implique que l’institution s’engage à veiller aux principes fondamentaux de l’université, dont la préservation de l’autonomie de l’université, l’aspect indissociable de l’enseignement et de la recherche, la liberté de recherche, d’enseignement et de formation et, en sa qualité de garante de la tradition humaniste européenne, la volonté d’atteindre le savoir universel grâce à la connaissance réciproque et l’interrelation entre les cultures. L’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne s’engage à développer les outils nécessaires pour mener à bien ces principes fondamentaux.

Ce document remonte au 18 septembre 1988 lorsque, en présence de nombreux leaders politiques et représentants de la société, 388 recteurs du monde entier ont signé la Carta Magna des universités. Dès lors, cette charte est devenue la principale référence des valeurs et principes fondamentaux de l’université, tout en revêtant aujourd’hui encore une grande importance pour définir la mission des universités du monde entier.

L’Observatoire de la Carta Magna, organisation à but non lucratif fondée par l’Université de Bologne et l’Association européenne des universités, célèbre chaque année une conférence internationale visant à débattre et relever les défis actuels en faveur de la défense des valeurs fondamentales de l’université. Cette année, la conférence abordait la question des défis auxquels sont confrontés les étudiants des régions du monde en conflit et que peuvent faire les universités pour préserver leurs valeurs dans un contexte global changeant.

Pour une université comme la nôtre, si jeune, il est très important d’avoir pu nous introduire dans le groupe des universités formellement engagées envers l’évolution et des connaissances et le développement de la tradition humaniste et de l’autonomie universitaire. C’est une belle performance dont nous pouvons être satisfaits et fiers. En signant la charte, nous entrons dans la tradition universitaire née en 1158, date de la promulgation par l’empereur Frédéric 1er Barberousse de la constitution Habita, selon laquelle chaque école devenait une société de membres (les étudiants) dirigée par un maître (dominus) dont la rémunération était à la charge des étudiants. L’Empire s’engageait à protéger les étudiants qui voyageaient dans le cadre de leurs études contre l’intrusion de quelconque autorité politique. Il s’agit d’un événement essentiel dans l’histoire des universités européennes. L’université est alors devenue un lieu où la recherche pouvait se développer librement, indépendamment des autres pouvoirs. Et cela doit continuer ainsi à l’avenir.

Un International Workshop on Higher Education pour tous

Posted by 11 de juin de 2015

IWHE2-1024x682Cette année, pour la 5e année consécutive, nous organisons l’IWHE, avec le soutien de la fondation « La Caixa ». Le principal objectif est de rechercher la collaboration d’enseignants et de chercheurs venus du monde entier pour travailler avec des chercheurs, des doctorants, des professeurs et du personnel d’administration et des services de l’université, des leaders du secteur public et d’organisations privées du territoire dans le but de partager les valeurs de l’internationalisation. Cette année, nous avons fait une grande fête internationale de la recherche à laquelle ont participé plusieurs centaines de personnes.

Je dirais qu’il s’agit là de l’une des activités les plus représentatives de la stratégie de l’UVic-UCC :

  1. L’activité internationale est fondamentale. Depuis le début, l’atelier compte sur la participation de professeurs et de chercheurs de nombreuses institutions académiques de renom venus de nombreux pays très divers. Cette année, depuis Harvard à l’Université RMIT.
  2. C’est une activité qui regroupe tous les domaines de connaissance de l’UVic-UCC : l’éducation, la traduction et les sciences humaines, les sciences de la santé et du bien-être ; les sciences et la technologie ; les sciences sociales, l’entreprise et la communication.
  3. C’est une activité de recherche. Nous présentons, par le biais de conférences, d’ateliers et de posters, ce que nous faisons à l’UVic-UCC.
  4. C’est une activité qui nous permet de montrer nos priorités dans le cadre de la recherche et les éléments qui, très bientôt, nous distingueront des autres universités : la communication et la société ; la mécatronique et la robotique ; l’héritage culturel et le territoire ; l’économie, l’entrepreneuriat et l’innovation sociale ; les sports et la gestion sportive ; la promotion de la santé, l’attention intégrale et l’inclusion sociale ; l’industrie alimentaire, l’énergie, la diversité et l’environnement ; l’école et son contexte ; la bioinformatique translationnelle ; les études de genre, etc.
  5. C’est une activité enracinée dans le territoire : des enseignants et professionnels du secteur public et privé de toute la Catalogne intérieure, de Barcelone et de la zone métropolitaine y participent.
  6. C’est une activité publique et privée qui compte sur la participation d’entreprises, d’institutions et d’universités.
  7. C’est une activité du campus ville – ville campus. Cette année avec une exposition d’images disséminées dans toute la ville de Vic dont le thème est la recherche qui se fait actuellement au sein de l’UVic-UCC.
  8. C’est une activité qui bénéficie d’une large diffusion par l’intermédiaire des réseaux sociaux, ce qui montre l’importance du monde numérique pour notre université.
  9. C’est une activité à laquelle ont participé de nombreuses personnes de l’université qui s’efforcent de remplir la mission qui leur a été confiée.
  10. C’est une activité qui permet à l’UVic-UCC d’être une université de caractère national avec un impact sur le territoire et une visibilité internationale.

À tous ceux qui ont rendu possible ce grand événement, merci. Merci beaucoup. Vous êtes les meilleurs.

UVic-UCC, une université nationale avec un impact sur le territoire et une visibilité internationale

Posted by 20 de mai de 2015

Aeria-VicL’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne a vu le jour en janvier 2014, fruit de la fédération de l’Université de Vic et de la Fondation universitaire del Bages. Elle est édifiée sur deux campus, l’un à Vic et l’autre à Manresa. L’UVic-UCC est donc née sur le territoire afin de prêter ses services au territoire.

Qu’est-ce-que le territoire ? La Catalogne possède une grande capitale, Barcelone, qui a su trouver sa place parmi les métropoles les plus importantes au monde dans tous les domaines, notamment l’universitaire, et qui attire des étudiants, des professeurs et des chercheurs du monde entier.

Par ailleurs, elle compte sur un réseau de villes moyennes et petites éparpillées dans tout le pays, lesquelles assurent tous les services nécessaires à la vie moderne et aspirent aujourd’hui à faire partie de la société de la connaissance, ce pour quoi des services universitaires de proximité sont indispensables.

C’est exactement ce qu’offre l’UVic-UCC : une université en réseau pour un réseau de villes. Ce réseau de villes forme ce que nous appelons la Ville territoriale. Elle compte, hors zone métropolitaine, environ trois millions d’habitants auxquels prêtent service trois universités de grande importance dans leurs villes : la Rovira i Virgili à Tarragone-Reus, celle de Gérone et celle de Lérida dans les villes qui leur donne le nom. L’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne, dont les sièges se trouvent à Vic et à Manresa, vient après, et draîne le reste de la région, un million d’habitants environ.

Par conséquent, le territoire est l’une des caractéristiques essentielles de l’UVic-UCC, aspect que montre également la composition du Patronat de la Fondation universitaire Balmes, qui représente onze villes et villages de la région.

L’autre caractéristique essentielle est la triple hélice formée par l’université, le gouvernement et l’entreprise, les trois domaines étant clairement représentés dans le Patronat de la FUB par le biais de la Généralité de Catalogne et des administrations locales mentionnées, des entreprises et entités du territoire et de l’UVic-UCC elle-même, dont la partie visible est l’agence Creacció.

Il n’y a pas de doute : le potentiel pour l’innovation et le développement économique des villes dans cette société de la connaissance repose sur la combinaison parfaite des ressources, de l’intelligence et de la productivité que peuvent apporter l’université, l’entreprise et le gouvernement, afin d’obtenir une génération et une diffusion optimale de la connaissance, une bonne structure pour la transmettre et la capacité de l’appliquer à la pratique sociale, des entreprises et industrielle. C’est ici que l’UVic-UCC prend tout son sens et sa force au service de cette Ville territoriale de la Catalogne.

Un aspect clé définissant l’Université de Vic-Université Centrale de Catalogne est son implication dans des projets liés à son environnement, afin d’octroyer à l’ensemble du territoire un niveau de services semblable à celui de la métropole et réaliser le projet défini pendant le Noucentisme de manière très graphique comme la Catalogne Ville et qu’aujourd’hui, un siècle plus tard, nous touchons du doigt.

Si en 1914, Enric Prat de la Riba, alors président de la Mancomunidad, proposa d’octroyer à chaque village une route, une école, une bibliothèque et le téléphone, aujourd’hui, un siècle plus tard, nous proposons que tous les villages et villes de Catalogne aient accès à la formation, la recherche, la transmission de la connaissance, l’innovation, l’esprit d’entreprise et un environnent naturel soigné et protégé afin que leur niveau de services et de qualité de vie soit similaires dans tout le pays et que leurs industries, entreprises et organisations puissent rivaliser avec celles du reste du monde en présentant des possibilités de succès semblables.

Nous pouvons donc affirmer que la Catalogne compte deux grandes villes : Barcelone, la métropole globale, et la Ville territoriale, qui est la somme des villes moyennes et des villages bien desservis et dotés des industries, des services et des organisations civiques et politiques. Cette dernière représente le système nerveux de l’ensemble du pays pour le structurer et le revitaliser en réseau.

La fonction de l’Université de Vic – Université Centrale de Catalogne est donc de rendre possible la structuration territoriale dans le sens moderne, c’est-à-dire donner à ce réseau urbain et territorial ses propres capacités de formation, de recherche, de diffusion sociale de la connaissance et de le connecter au reste du monde.

Design thinking and the creative process

Posted by 23 de mars de 2013

DSC_5910Every designer adopts a unique approach when creating and developing projects. This process tends to be closely intertwined with the designer’s previous professional career, studies, background, experience and knowledge about the target industry, as well as the nature of the project and the product briefing.

This is why industrial designers approach projects in a different manner than engineers and architects. Graduates of traditional design schools are strong creative and artistic thinkers, whereas engineers tend to be more rational and architects occupy a middle ground. In general, all three are highly skilled at graphic expression, artistic drawing, rendering and technical drawing as well as developing three-dimensional mock-ups and prototypes to help shape their ideas. Digitalization has simplified this process, making it easier to create and preview highly detailed 3-D images. Nevertheless, many people still create mock-ups (and even full-sized models). In the automotive industry, expensive full-size clay models are common, as they help to visualise the final product. These mock-ups are built by specialized technicians trained expressly for this purpose.

Work tends to be done in stages, and trial and error is an integral part of the process. Designers begin by drafting different ideas and later add increasing complexity and detail. The process differs dramatically depending on its purpose: whether it aims to solve a specific problem or to provide new ideas and concepts. At some point during the process, the product concept – how to translate the idea into a concept and clearly define it to make it significantly easier to arrive at the final design definition – is discussed in detail. In any case, the process entails gradually reducing possibilities until only one or two final solutions remain. These will go on to become finely detailed technical blueprints. In a typical sequence, rough drafts become preliminary designs of an idea; these are then developed into the final project.

Obviously, extensive and detailed initial briefings reduce the range of options available. However, this does not eliminate creativity or make it easier to find creative solutions.

Until just a few years ago, this process was highly personal and unique to each designer; indeed, with experience, designers gradually developed their own creative processes. Some, such as Ron Arad, Philippe Starck and Javier Mariscal, impregnated their designs with their own style; others adapted to the style of the company commissioning their work. This should be taken into account when choosing a designer.

In recent years, particular attention has been paid to imbuing the creative process with a stronger methodology. This has given rise to numerous models and is generically referred to as “Design Thinking”. Continuer la lecture